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Vous travaillez en Suisse pour un employeur établi à l'étranger : ce que change le statut d'ANobAG

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Contenu mis à jour le 08.10.2026Liens des sources vérifiés le 08.10.2026

Quand votre employeur n'a pas d'établissement en Suisse, personne ne retient vos cotisations sociales sur votre salaire. C'est à vous de vous annoncer, de déclarer votre revenu et de payer la part de l'employeur en plus de la vôtre. Ce statut porte un nom : ANobAG. Voici ce qu'il implique, et comment l'organiser.

ANobAG : de quoi parle-t-on ?

ANobAG est l'abréviation allemande de Arbeitnehmende ohne beitragspflichtigen Arbeitgeber. La loi parle des salariés dont l'employeur n'est pas tenu de payer des cotisations (art. 6 LAVS, état au 01.01.2026).

En Suisse, un employeur doit cotiser aux assurances sociales s'il a un établissement stable dans le pays (art. 12 al. 2 LAVS, état au 01.01.2026). Une entreprise établie à l'étranger, qui vous emploie depuis son siège pendant que vous travaillez en Suisse, sur place ou à distance, n'y est pas tenue. Vous restez pourtant assuré en Suisse : les obligations passent simplement de l'employeur à vous.

Un employeur hors de l'Europe, ou dans l'Union européenne : deux situations

Votre employeur est établi hors de l'Union européenne et de l'AELE, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou à Singapour par exemple. Vous êtes ANobAG au sens strict : vous vous affiliez vous-même et vous payez l'ensemble des cotisations, parts salariale et patronale réunies.

Votre employeur est établi dans l'Union européenne ou l'AELE. Les règles européennes de coordination le soumettent aux cotisations suisses. Il peut convenir avec vous que vous les versiez vous-même, mais il reste responsable du paiement, et il doit vous verser, en plus de votre salaire, la part patronale et les frais d'administration (OFAS, « Décompte en Suisse pour les employeurs ayant leur siège dans un État membre de l'UE ou de l'AELE », 06.10.2025 ; art. 21 du règlement (CE) n° 987/2009).

Ce que vous payez vous-même

BrancheCe que vous versezBase
AVS, AI, APG10,6 % du salaire, parts salariale et patronale réuniesMémento AVS/AI 2.01, état au 01.01.2026 ; art. 6 LAVS
Assurance-chômage2,2 % du salaire, jusqu'à CHF 148'200 par anArt. 3 al. 2 et 3 LACI, état au 01.01.2026 ; gain maximal assuré de l'assurance-accidents (Suva)
Allocations familialesUn taux fixé par le canton de votre affiliationArt. 11, 12 et 16 LAFam, état au 01.01.2026
Frais d'administrationUn pourcentage des cotisations AVS/AI/APG, fixé par chaque caisse, au plus 5 %Art. 69 LAVS ; ordonnance du DFI, RS 831.143.41
Assurance-accidentsUne prime, selon le contrat conclu avec l'assureurLAA ; Suva, « Assurance-accidents ANobAG », 24.08.2026

Pour les branches dont la loi fixe le taux, cela représente 12,8 % du salaire, avant les allocations familiales, les frais d'administration et l'assurance-accidents. Dans un emploi ordinaire, la moitié de ces cotisations est à la charge de l'employeur.

En contrepartie, vous avez droit aux allocations familiales (art. 13 al. 2 LAFam, état au 01.01.2026), et vous cotisez à l'assurance-chômage comme tout salarié.

La prévoyance professionnelle, souvent oubliée

Avec un employeur établi hors de l'Union européenne et de l'AELE, vous n'êtes pas soumis à la prévoyance professionnelle obligatoire (art. 1j al. 1 let. a OPP 2, état au 01.01.2025). Vous pouvez vous assurer à titre facultatif, aux mêmes conditions qu'un indépendant (art. 1j al. 3 OPP 2). Sans cette démarche, aucun deuxième pilier ne se constitue pendant ces années.

Avec un employeur établi dans l'Union européenne ou l'AELE, la prévoyance professionnelle s'applique dans les conditions habituelles : l'employeur s'affilie à une institution de prévoyance, à défaut à la fondation institution supplétive LPP (OFAS, 06.10.2025).

Les démarches, dans l'ordre

  1. Vous annoncer à la caisse de compensation cantonale, sans attendre : c'est elle qui affilie les salariés d'un employeur non tenu de cotiser (art. 64 al. 2 LAVS, état au 01.01.2026). Avec un employeur de l'Union européenne ou de l'AELE, c'est celle de votre canton de domicile si vous résidez en Suisse (OFAS, 06.10.2025) ; dans les autres cas, la caisse de votre canton vous indique laquelle est compétente.
  2. Déclarer votre salaire. La caisse fixe des acomptes, mensuels ou trimestriels, puis les ajuste à votre revenu effectif.
  3. Conclure votre assurance-accidents, auprès de la Suva ou d'un assureur agréé. Avec un employeur de l'Union européenne ou de l'AELE, c'est à lui de la souscrire (Suva, 24.08.2026).
  4. Décider de votre prévoyance professionnelle, si elle n'est pas obligatoire dans votre cas.
  5. Mettre par écrit ce que votre employeur prend en charge : sa part des cotisations, les frais d'administration, la prime d'assurance-accidents.

Une solution alternative : être employé par SPTS en Suisse

Comme ANobAG, vous gérez seul vos cotisations, votre assurance-accidents et votre prévoyance. Il existe une alternative quand votre client, à l'étranger, dirige votre travail : SPTS devient votre employeur en Suisse et met vos compétences à la disposition de ce client.

La location de services vers un client établi à l'étranger demande une autorisation fédérale, que SPTS détient. Deux conditions sont à vérifier avec vous avant toute mission : votre client dirige effectivement votre travail, et vous êtes déjà admis à travailler en Suisse. Les frais de SPTS sont de 4 %, CHF 400 de minimum par mois.

Votre employeur ou votre client est à l'étranger ? Décrivez-nous votre situation : nous vous disons laquelle des deux organisations vous convient, et ce qu'elle vous coûte. Obtenir une simulation (sur le site, à son lancement)

Pour aller plus loin

Autorisés en Suisse et à l'international. SPTS est autorisée par le canton de Genève et par le SECO à exercer la location de services et le placement de personnel, en Suisse et à l'étranger. Vérifier au registre fédéral des entreprises autorisées (SECO)

Sources

Cet article donne une information générale. Il ne remplace pas un conseil adapté à une situation particulière.